accueil  ›  Les néo sauternais  ›  Producteurs
Les vins de Sauternes s'enracinent dans l'Histoire. Les savoir-faire se transmettent de génération en génération. Toujours, la relève se présente qui relance l'esprit de perfection des vignerons et des gastronomes qui savent accompagner les Sauternes de mets adaptés.
A chaque fois, la diversité de ces vins est réinventée en fonction des personnalités qui arrivent : c'est ça l'esprit néo-sauternais.

« Je trouve au contact de mes vignes plus de sérénité que partout ailleurs. Désormais, je me vois comme un "faiseur" d’instants dans un temps qui va et je ressens ça à travers le vin que je fais. Je l'élabore pour qu'il accompagne les moments festifs de tous ceux qui l'aiment. Je le propose comme un arrêt sur image dans le déroulé d’un film haletant.

Eric Pothier, Château Pick-Laborde

Eric / Le récit intégral
      Je suis devenu vigneron en 2009. J’ai repris l’exploitation du château Pick-Laborde qui est une propriété familiale depuis 1923. C’est un projet très fort dans une vie. La décision a été prise en famille : pour une telle aventure, il faut que tout le monde adhère. Mon épouse était militaire. Elle a tout abandonné pour me suivre. Durant sa carrière, elle a eu des affectations partout en France, sans port d’attache. Pourtant son arrière-grand-père avait été le maître de chai d’un grand cru classé de Sauternes. Elle a été baptisée à Sauternes. Elle a joué dans le parc du château durant ses vacances d’été. C’est notre projet d’installation qui lui fit redécouvrir ses racines. Ce fut son accroche pour se lancer dans l’aventure.

      Pour moi, le contact est passé par le goût de l’Histoire. En fait, le virus s’est diffusé assez lentement. Je suis dans les vignes depuis toujours mais le choix de vie s’est construit de l’extérieur. Je suis devenu Historien. Je ne sais pas pourquoi, peu à peu, j’ai orienté mes recherches vers le monde du vin. J’ai découvert que derrière la vigne, qui avait été le quotidien trop pressant de mon enfance, il y avait une culture immense, un art de vivre, un goût des belles choses… En salle d’archives, j’ai retrouvé les manuscrits qui évoquaient les lointains fondateurs, à la fin du XVIIe siècle, du vignoble où j’avais grandi. Peu à peu, tout cela prit du sens.

      Aujourd’hui
, en travaillant ma vigne je retrouve une émotion qui donne un sens à ce que je produis. La vigne a pour nature de tout enregistrer. Elle se souvient des coups de sécateurs, qui par centaines, hiver après hiver, dessinent les troncs rabougris. En parlant à mes clients des arômes de mes vins, je suis le porte-parole de toute cette histoire qui accumule dans le raisin des siècles de sensations et de sentiments.     

    
J'aime ces rencontres parce que ma
rencontre à moi, c’est Sauternes. Je trouve au contact de mes vignes plus de sérénité que partout ailleurs. Désormais, je me vois comme un «faiseur» d’instants dans un temps qui va et je ressens ça à travers le vin que je fais. Je l'élabore pour qu'il accompagne les moments festifs de tous ceux qui l'aiment. Je le propose comme un arrêt sur image dans le déroulé d’un film haletant.
« J'ai toujours voulu travailler en extérieur. Au début, je ne savais pas exactement dans quel domaine. Mais assez rapidement, la vigne est devenue une évidence pour moi. J'ai fais ce choix parce que, dans la famille, il y avait le désir de faire renaître le Château La Clotte-Cazalis.

Marie-Pierre Lacoste, Château La Clotte-Cazalis

Marie-Pierre / Le récit intégral
J'ai toujours voulu travailler en extérieur. Au début, je ne savais pas exactement dans quel domaine. Mais assez rapidement, la vigne est devenue une évidence pour moi. J'ai fais ce choix parce que, dans la famille, il y avait le désir de faire renaître le Château La Clotte-Cazalis qui est notre propriété depuis 1776. A l'époque, les vignes étaient en fermage depuis 40 ans.

Le week-end, on allait au château et on se retrouvait en famille. Ma grand mère y avait vécu. Il y avait une âme. Je me souviens qu'on s'occupait d'une petite parcelle de vigne près du château. C'était la sortie entre cousins le dimanche. Mon père a toujours eu à cœur de redonner vie à l'exploitation.

Ce projet a été réalisé en 2001. On a repris la propriété en exploitation directe. Il y avait tout à refaire.

C'est Bernadette, ma mère qui est devenue exploitante. Elle a quitté son métier pour revenir sur les bancs de l'école. Elle a passé un diplôme de viticulture à Blanquefort.

Au même moment je terminais mes études d'ingénieur agronome et d'œnologue. J'ai d'abord travaillé quelques années au Château Guiraud, ce qui m'a donné une grande expérience des Sauternes et actuellement, je travaille dans une société d'expertise viticole. Pour ma mère, c'est une véritable motivation, puisqu'elle sait que je suis à ses côtés dès qu'elle en a besoin. On a ainsi pu conduire notre projet avec un véritable savoir faire et réussir un travail de précision.

Cet aspect de création technique me passionne. Pour réussir, il faut parvenir à combiner des d'éléments qui doivent fonctionner ensemble. C'est le cas pour tous les vins. Mais à Sauternes, le fruit est à la base de tout. Il faut travailler très en amont. Chaque année, il y a une prise de risque et tout est beaucoup plus méticuleux. Les vinifications aussi sont importantes si l'on veut préserver ce qui a été acquis à la vigne.

Depuis dix ans, c'est avec cet esprit qu'on a travaillé. On a réussi à mettre en route l'exploitation avec un processus de qualité à la vigne comme au chai. Maintenant, on va s'attacher à pérenniser et à confirmer dans la durée.

« Je suis un terrien dans l’âme et j’ai besoin de vivre au contact de la nature. Alors, les études de "pharmacie" qu'on m'avait poussé à faire, ça n'a pas pu durer longtemps... Après deux années d'études j’ai décidé de changer de cursus. J’ai passé un BTS en alternance à "La Tour Blanche" et au Château Simon à Barsac.
Jean-Michel Lecomte, Clos Le Comte

Jean-Michel / Le récit intégral
     Mon père était céréalier dans le Tarn à côté de Gaillac qui est une région viticole. J’ai grandi au contact de la nature et j'ai toujours vu des vignes autour de moi.

     Très vite j’ai été passionné par le règne végétal. Après le décès de mon père, survenu alors que je n’avais que 15 ans, j’ai suivi des études générales et j’ai intégré "pharmacie" pour respecter le choix de mon grand-père.

     Mais, je suis un terrien dans l’âme et j’ai besoin de vivre au contact de la nature.Alors, les études de "pharmacie" qu'on m'avait poussé à faire, ça n'a pas pu durer longtemps... Après deux années d'études j’ai décidé de changer de cursus. J’ai passé un BTS en alternance à "La Tour Blanche" et au Château Simon à Barsac.

     Mon projet, c'était de travailler à mon compte. La viticulture m'intéressait parce que c'est un secteur qui permet de valoriser directement sa production. C'est important pour moi de parler à mes clients du vin que je fais. En plus, pour développer son produit, on a plus de libertés d’actions que d’autres spécialités de l’agriculture.

     Mais il me fallait trouver une exploitation à reprendre ou des vignes en fermage. J’avoue avoir envisagé de repartir m'installer sur les terres de mon enfance, pour faire du Gaillac en vendanges tardives. Et puis, j’ai finalement trouvé un petit bout de vignes que je cultivais quand j'avais le temps, après mon travail au Château Violet à Preignac. Les propriétaires m’ont aidé à démarrer. Au début, ils m'ont prêté leurs matériels et m'ont donné de bons conseils.

    Pendant mon apprentissage, je me disais que jamais je ne ferais de liquoreux. Ce sont des vins complexes à élaborer et les risques pris chaque année sont énormes. Et pourtant, c'est du Sauternes que je fais aujourd'hui! Avec le recul, je me dis que ce sont exactement ces mêmes raisons qui font la valeur de mon travail aujourd'hui.
« Je me suis passionné pour les Sauternes et Barsac en voyant faire mon beau-père. Un jour, ce vin, j'ai eu envie de l'élaborer par moi-même parce qu'il me fait rêver. J'aime sa finesse et son élégance. C'est ainsi que l'héritage de mon beau-père, j'ai décidé de le recueillir. Comme pour lui, c’est devenu une véritable passion.
Christian Boyer, Château Destanque

Christian / Le récit intégral
Pour moi, le goût de la vigne n'a pas commencé de suite... Mon père était viticulteur dans le Blayais mais j’ai laissé la propriété à mon frère. A l'époque, j'ai préféré faire des études dans un tout autre domaine.

Le virus de la viticulture, je l’ai attrapé plus tard, en découvrant les Sauternes et Barsac. Ma femme vivait à Barsac. Son père avait une entreprise de maçonnerie et cultivait quelques rangs de vigne par passion.

C'est en voyant faire mon beau-père que je me suis passionné à mon tour. Un jour, ce vin, j'ai eu envie de l'élaborer par moi-même parce qu'il me fait rêver. J'aime sa finesse et son élégance.
C'est ainsi que l'héritage de mon beau-père, j'ai décidé de le recueillir. Comme pour lui, c’est devenu une véritable passion.

J’ai commencé en cultivant une petite vigne d’un demi hectare à Barsac au début des années 90. Au début, je travaillais ma vigne le dimanche et les jours fériés puisque, à ce moment là, j'étais encore à Bordeaux, en charge d'une direction de la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI). Et puis, de vendanges en vendanges, l’idée d’en faire ma profession principale s’est imposée.

Ca s'est passé en 2005. J'ai acheté d'autres vignes. J'ai baptisé la propriété du nom de Château Destanque et au terme d’une transition d’un an, j'ai quitté, la CCI de Bordeaux.

Depuis la fin 2006 je me consacre entièrement au développement de la propriété.

Aujourd’hui, avec mon épouse, nous cultivons trois hectares de vignes. C'est une petite propriété en surface, mais nous la travaillons par plaisir. Nous avons la possibilité de maîtriser l’ensemble du processus de production… Pour nous, c’est là tout l’intérêt. Nous sommes d'abord des jardiniers puisque « nous faisons la vigne ». Ensuite, nous sommes des artisans qui travaillons le vin. Enfin nous sommes des commerçants car nous sommes en relation directe avec nos clients et nous vendons tout par nous même.