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Les Sauternes et Barsac possèdent une identité qui les caractérisent entre tous. Mais toutes les années sont différentes. Depuis le printemps jusqu'à l'automne, le millésime se construit sur une période relativement longue. Chaque étape végétative, avec des conditions météo très différentes d'une année à l'autre, imprime une marque indélébile sur le vin qui sera finalement dégusté.
La nature réinvente l'originalité chaque année. C'est l'une des grandes chances de Sauternes que les vignerons cultivent avec passion.

Jean-Michel Lecomte, Vigneron à Preignac
donne ses impressions sur
les arômes du 2011
« Les Sauternes 2011 se caractérisent par une jolie robe dorée paille, une richesse et une complexité aromatique remarquable.
Mais ils ne sont pas encore terminés. Ils sont toujours en élevage et les assemblages ne sont pas fait. Chacun des trois cépages a une expression vraiment particulière.

Impressions du millésime en janvier 2012 après 3 mois d'élevage.

Cette année, les arômes ont une expression incroyable !

Les Sauternes 2011 se caractérisent par une jolie robe dorée paille, une richesse et une complexité aromatique remarquable.
Mais ils ne sont pas encore terminés. Ils sont toujours en élevage et les assemblages ne sont pas fait. Chacun des trois cépages a une expression vraiment incroyable.

- Les sémillons présentent des arômes de fruits secs, d'amande, d'abricot, de coing avec des nuances de rôti très subtiles. Le palais s'appuie sur une liqueur délicate et on retrouve le mélange des arômes que l'on avait au nez.

- Les sauvignons développent des arômes d'agrumes, d'ananas et de fruits exotiques (mangue). En bouche, on a un bon équilibre entre rondeur et nervosité. C'est le signe d'une grande année !

- La muscadelle. C'est mon coup de cœur... Elle associe les fleurs et fruits blancs (acacia, poire) ainsi que des notes d'écorce d'agrume (pamplemousse). En bouche, l'attaque charnue et onctueuse traduit l'extraordinaire densité du botrytis. Une belle acidité en fin de bouche lui confère une grande fraîcheur.

Je vais voir dans quelques mois, les assemblages que je vais faire et l'équilibre le plus harmonieux que je vais pouvoir trouver. Mais déjà la matière est là !

Jean-Michel Lecomte, Clos Le Comte
Olivier Fargues, Vigneron à Barsac
donne ses impressions sur
les arômes du 2012
« Les Sauternes 2012 seront charmeurs. Ils portent déjà des arômes d’agrumes, de fruits blancs et exotiques. Ils sont d’une remarquable fraicheur aromatique. C’est très séduisant… ce sera des vins faciles à boire.
On reproche souvent aux S & B d’être trop lourds ou trop complexes. Cette année, ce sera tout le contraire ! Depuis quelques temps, un souffle de modernité nous pousse à équilibrer nos vins et à penser aux arômes avant tout.
2012 va rester dans les mémoires comme le millésime où cette tendance est devenue la norme. Tout le monde va enfin réaliser ce que les Sauternes sont devenus.

Impressions du millésime en janvier 2013 après 3 mois d'élevage

2012 est ce que j'appelle un millésime de vigneron !
Le millésime a été sacrifié dans l'œuf par les critiques... mais attendons... l’année n’a pas dit son dernier mot. Elle a été difficile, mais au final, c'est loin d'être catastrophique.


2012 est ce
que j'appelle un millésime de vigneron !

La météo n’a jamais été avec nous. Le printemps et le début de l'été, qui ont été très humides, ont favorisé les maladies cryptogamiques – surtout le mildiou – ce qui nous a forcé à la vigilance si on voulait avoir de la récolte.

La quantité de récolte s’est jouée dès la floraison et certains y ont perdu une bonne part de la future vendange.

Puis sont venus les mois d’août et de septembre avec une sécheresse qui a entrainé un stress pour les raisins et ralenti l’arrivée de Botrytis. A la fin septembre, dans un journal spécialisé américain, on annonçait déjà que le millésime serait mauvais parce que la pourriture noble ne venait pas… Mais sur le terrain où a-t-on réellement vu ça ?

Avec le début octobre sont arrivées les premières pluies qui déclenchèrent aussitôt une installation massive du Botrytis. C’est à ce moment que les vendanges ont vraiment commencé. Miracle, dirent certains ! Je ne crois pas… En fait, nous avons un climat océanique… et l’humidité n’est jamais bien loin.

S’en est suivi un mois d’octobre qui lui, fut franchement pluvieux. Les journées de pluie et les journées sèches ont constamment alternées sans jamais vraiment laisser le Botrytis se concentrer. C’est cette absence de concentration progressive qui nous a surpris surtout que les dix dernières années nous avaient habitué à quelque chose de très régulier… et que des sommets furent atteints en 2009, 2010 et surtout en 2011.

Ça m’a fait rager sur le moment, mais avec le recul, je pense que ça n’a pas été catastrophique du tout. La maturité était bien avancée lorsque les pluies sont arrivées. La botrytisation fut très saine. Le raisin est resté très bon durant tout le mois d’octobre. Il a fallu beaucoup de patience mais j’ai pu rentrer ma vendange.

C’est cette belle matière que je retrouve aujourd’hui dans les vins que je commence à goûter.

De ce début d’élevage, je peux dire que les Sauternes 2012 seront charmeurs. Ils portent déjà des arômes d’agrumes, de fruits blancs et exotiques. Ils sont d’une remarquable fraicheur aromatique. C’est très séduisant… ce sera des vins faciles à boire.
On reproche souvent aux Sauternes et Barsac d’être trop lourds ou trop complexes. Cette année, ce sera tout le contraire ! Depuis quelques temps, un souffle de modernité nous pousse à équilibrer nos vins et à penser aux arômes avant tout.
Je pense que 2012 va rester dans les mémoires comme le millésime où cette tendance est devenue la norme. Tout le monde va enfin réaliser ce que les Sauternes sont devenus.

Certains ne feront pas de premiers vins cette année. Ils l’ont déjà annoncé. Ces propriétés malgré leur grande notoriété ne représentent qu’un faible pourcentage de surface et de volume sur l’appellation. Pour information, la quantité de Sauternes produite en 2012 est la même qu’en 2011… Si certains grands crus n’y sont pas parvenus, d’autres plus accessibles et avec plus d’humilité ont visiblement réussi… On va le constater de plus en plus clairement au fil des mois.


Olivier Fargues, cogérant du Château La Bouade